Votre enfant explose
Lorsque notre enfant explose pour ce qui nous semble être un détail, notre premier réflexe est souvent de chercher à corriger son comportement.
Il refuse de mettre ses chaussures, il s’effondre parce que son verre n’est pas celui qu’il voulait ou il se met en colère au moment de quitter le parc.
Vu de l’extérieur, cela peut sembler disproportionné.
Pourtant, une autre question peut complètement changer notre regard.
Et si le problème n’était pas le comportement… mais ce que son cerveau est capable de gérer à cet instant précis ?
Le cerveau de votre enfant
Nous imaginons souvent que si un enfant sait faire quelque chose aujourd’hui, il devrait pouvoir le refaire demain, puis après-demain, quelles que soient les circonstances.
En réalité, ce n’est pas ainsi que fonctionne le cerveau.
Chez tous les enfants — et encore davantage chez les enfants atypiques — les capacités varient selon la fatigue, le stress, les émotions environnantes, le bruit, les changements, les sollicitations ou encore la quantité d’informations à traiter.
Parfois, les compétences sont bien présentes. Elles sont simplement… momentanément difficiles d’accès.
Votre enfant ne choisit pas toujours son comportement. Il fait avec les ressources dont il dispose à cet instant.
Changer la question change souvent la réponse
Lorsque quelque chose devient difficile, nous demandons spontanément : « Pourquoi fait-il ça ? »
Cette question nous conduit souvent vers des explications, des diagnostics ou des étiquettes.
Une autre question ouvre souvent davantage de possibilités :
- Est-ce que c’est difficile pour lui ?
- Est-ce que ça lui demande beaucoup d’énergie aujourd’hui ?
- Que pourrais-je rendre plus simple ?
Ou une simple question « Quoi d’autre est possible ? »
Ces questions invitent à observer plutôt qu’à conclure. Et c’est souvent là que naissent les plus beaux changements.
Observer les habitudes plutôt que les étiquettes
Chaque enfant possède son propre mode de fonctionnement. Au lieu de chercher une explication, il peut être beaucoup plus utile d’observer les situations qui reviennent régulièrement.
Par exemple :
- Dans quels moments semble-t-il serein ?
- Qu’est-ce qui le fatigue rapidement ?
- Quels environnements le mettent en difficulté ?
- Que se passe-t-il juste avant une crise ?
- Qu’est-ce qui l’aide à retrouver son calme ?
Avec le temps, ces observations deviennent de véritables indices. Elles permettent d’anticiper et de lui éviter un mal être.
L’environnement peut devenir votre meilleur allié
Nous pensons souvent qu’il faut aider l’enfant à s’adapter au monde. Rt si l’enfant n’avait pas à s’adapter ? Et si, parfois, nous pouvions aussi adapter le monde à lui ?
Quelques petits ajustements peuvent faire une immense différence :
- donner une seule consigne à la fois ;
- utiliser des supports visuels ou envoyer lui des images (télépathie) de ce qu’il doit faire :
- réduire les sources de bruit lorsque c’est possible ;
Les transitions sont souvent de véritables défis
Passer d’une activité à une autre paraît simple pour beaucoup d’adultes. Pour certains enfants, c’est une gymnastique cérébrale très exigeante.
Ils doivent :
- arrêter ce qu’ils sont en train de faire ;
- accepter de quitter une activité agréable ;
- imaginer ce qui vient ensuite ;
- réorganiser toute leur attention.
Vu sous cet angle, il devient plus facile de comprendre pourquoi certaines transitions déclenchent de fortes réactions.
Prévenir, ralentir, montrer la suite avec des images ou des repères visuels aide souvent beaucoup plus que répéter plusieurs fois : « Dépêche-toi ! »
Au début de la journée, dites lui tout ce qu’il va faire dans la journée et ne changer pas d’emploi du temps.
Les passions sont des portes d’entrée
Beaucoup d’enfants atypiques développent des centres d’intérêt très forts.
Ils connaissent tout sur les dinosaures, les trains, les planètes, les cartes, les animaux ou les Pokémon.
Ces passions sont parfois perçues comme des obsessions. Et si elles étaient surtout des ressources extraordinaires ?
Lorsqu’un enfant s’intéresse profondément à quelque chose, il apprend plus facilement, reste concentré plus longtemps et retrouve souvent davantage de disponibilité.
Ses centres d’intérêt peuvent devenir des passerelles vers de nouveaux apprentissages. Grace à cette passion il pourra découvrir de nombreuses choses liées à sa passion. Si il aime les voitures, il pourra apprendre à calculer les distances entre deux points et le temps que va mettre la voiture pour y aller, découvrir le trajet qui sera le plus rapide, la route qui sera la plus amusante, les centres d’intérêts sur la route, les haltes, les paysages que ce soit des montagnes ou des bords de mer, etc…
Découvrir à partir d’une passion de multiples matières que ce soient les maths, la géographie, la physique, l’histoire etc…
Nos enfants n’ont pas besoin de devenir comme les autres
Ils ont surtout besoin d’un environnement dans lequel leurs capacités peuvent s’exprimer.
Lorsqu’ils se sentent en sécurité, compris et suffisamment soutenus, ils retrouvent plus facilement l’accès à leurs ressources. Et c’est à partir de cet espace que les apprentissages deviennent possibles.
Une question à garder avec vous
La prochaine fois que votre enfant crie ou refuse quelque chose, poser une question
« Quoi d’autre est possible ? »
Parfois, un simple changement de regard ouvre déjà la porte à de nouvelles possibilités.
Parce qu’avant de demander davantage à un enfant, il est souvent précieux de se demander :
Et si être parent n’était pas un combat ?
Lorsque vous faites des projections, de la séparation, de l’attente, du jugement et du rejet, vous devez avoir raison, plutôt que d’être conscient.
